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31 oct. 2009

La bataille d'HADOPI au Fouquet's

Alors que la loi Hadopi 2 vient d'être promulguée au Journal Officiel, prédite déjà comme inapplicable, la crème de ses opposants s'est invitée le 29 octobre au Fouquet's, haut lieu de la Sarkozie. Parmi eux Jérôme Bourreau-Guggenheim, licencié de TF1 pour avoir juste envoyé un mail à sa députée Françoise de Panafieu qui l'avait aussitôt transmis au ministère de la Culture qui, via Christophe Tardieu, directeur adjoint du cabinet de Christine Albanel, l'avait renvoyé à la chaîne privée avec les conséquences que l'on sait. La soirée avait pour but le lancement du livre collectif "La Bataille d'Hadopi" réunissant 40 auteurs dont Jérôme. Nous étions invité à assister à cet événement mais hélas nous n'avons pas pu nous y rendre. Dommage, nous aurions tellement aimé fouler la même moquette que Nicolas le soir de son élection. En toute cohérence, le livre édité par InLibroVeritas sous licence libre, est disponible en téléchargement gratuit ou en version imprimée, en trois versions à 9, 19 et 49 euros. L’argent récolté sera intégralement reversé au profit du collectif de la Quadrature du Net, organisation de défense des droits et libertés des citoyens sur Internet.

:: "La Bataille d'Hadopi" sur www.inlibroveritas.net
:: La conférence de presse en podcast sur www.oxyradio.net
:: Lire "Quand les anti-Hadopi se paient le Fouquet’s" par Sophie Lherm, TÉLÉRAMA | 30.10.09
:: Site Internet de J. Bourreau-Guggenheim www.affairedopinion.com


10 oct. 2009

Sarkozy soutient Mitterrand... et vite fait la Turquie

C'est ce qu'on appelle, faire d'une pierre deux coups. Hier, 9 octobre, le président Nicolas Sarkozy a inauguré avec son ministre de la Culture, Frédéric Mitterrand, l'exposition "De Bysance à Istanbul" au Grand Palais, en présence du président turc Abdullah Gül.
En s'affichant aux côtés de son ministre de la Culture en pleine tourmente de l'affaire "Mauvaise vie", c'est évidemment un soutien affirmé de sa part. Et, vis-à-vis de la Turquie dont on le sait opposé farouchement à son entrée dans l'Europe, c'est tenter de faire bonne figure alors que, devant son intransigeance, à quelques semaines du démarrage de la Saison culturelle de la Turquie en France dans laquelle s'inscrit cette exposition, le ministre de la Culture turc avait menacé d'annuler l'événement. L'inauguration des festivités, le 30 juin, dans les salons de la Rue de Valois s'était déroulée en l'absence remarquée des deux présidents. Hier, les observateurs ont néanmoins noté qu'Abdullah Gül n'avait pas été reçu avec tous les honneurs à l'Elysée mais seulement accueilli au pied du Grand Palais par Nicolas Sarkozy. C'est seulement après avoir visité l'exposition que les deux Chefs d'Etat se sont rendus à l'Elysée pour un déjeuner de travail sans faire ensuite aucune déclaration.


Sarkozy affiche son soutien à Mitterrandenvoyé par LePostfr

:: Programme de la Saison de la Turquie en France dans les musées

Sarkozy lecteur, de Mitterrand à Proust

La nouvelle nous avait échappé. Elle circulait pourtant depuis presque un mois dans les rédactions. Depuis qu'un confidentiel auto-promotionnel du Figaro le révélait le 19 septembre dernier : "Nicolas Sarkozy poursuit sa lecture des grands classiques de la littérature française. Il lit actuellement À la recherche du temps perdu, de Marcel Proust, dans la collection de la Bibliothèque du Figaro, présentée par l’académicien Jean d’Ormesson." Merci la pub. Une précision, il s'agit en fait du second volume de la Recherche, "A l'ombre des Jeunes filles en fleurs", unique Proust publié jusqu'ici par la collection. Au prix de 14€90. Cher pour une soi-disant opération de démocratisation de la culture. Existe à moins de 8€ en édition de poche.

Bref, le même jour, le site Rue89 publiait une photo où l'on voyait effectivement le président, manifestement en sortie officielle, portant à la main un exemplaire Proust de la dite collection, au dos d'un dossier. Très discret. Et, hier, alors qu'on apprenait que Barack Obama venait de recevoir le Prix Nobel de la Paix, le site de L'Express publiait l'info suivante : "En septembre, les dirigeants de l’UMP évoquaient avec Nicolas Sarkozy une université d’été du Parti républicain qui s’était déroulée dans les années 1990 à Cabourg, lorsque le président s’est lancé dans une digression sur... Balbec, ville imaginaire de Normandie chère à Marcel Proust. Quelques jours plus tôt, des visiteurs du chef de l’Etat avaient remarqué qu’il laissait ostensiblement traîner, sur une table de l’Elysée, un volume d’A la recherche du temps perdu."

La technique du livre qui traîne bien en évidence, sur une table de l'Elysée ou dans l'avion présidentiel, à la vue de tous et de quelques journalistes, avait déjà été utilisé comme le révélait encore L'Express le 18 juin 2009, citant les propos peu amènes d'un de ses ministres : "Pendant longtemps, il les a fait voyager avec lui, prendre l’air, voir du pays. Maintenant, il les ouvre !".



Toute une stratégie de communication donc, histoire de faire oublier la tragédie de ses déclarations moqueuses sur La Princesse de Clèves qui avaient réussi à choquer jusqu'à la très littéraire Christine Albanel alors ministre, d'en booster les ventes - comme quoi - et de se doter de l'aura culturelle qui lui manque, hormis Carla. Mais encore faut-il être crédible. Car on a du mal à imaginer l'hyper-speed président séduit par l'univers proustien. Sa lenteur, la finesse sophistiquée de son style, la profondeur de sa pensée, son goût pour l'introspection et la mise à distance de soi-même... Aux antipodes de l’orbite frénétique sarkozien qu’on imagine plus proche de "La princesse et le président" d’un certain VGE. Lui qui, en matière de théâtre, préfère applaudir Line Renaud plutôt que de "s’emmerder" devant une pièce de Jean-Luc Lagarce à la Comédie Française comme il le dit lui-même.

A moins, que Nicolas ait bénéficié de l'influence érudite de Frédéric, son nouveau ministre de la Culture, dont il avait jugé le sulfureux livre "La mauvaise vie" paru en 2005, "courageux et talentueux". Fredo, lui-même grand amateur de Proust, avec qui il partage bien plus qu'un goût pour les phrases à rallonge, une certaine difficulté à vivre sa condition d'homosexuel - "Race, écrit Proust dans "Sodome et Gomorrhe" que ne publie évidemment pas Le Figaro, sur qui pèse une malédiction et qui doit vivre dans le mensonge et le parjure, puisqu’elle sait tenu pour punissable et honteux, pour inavouable, son désir, ce qui fait pour toute créature la plus grande douceur de vivre..." - qui l'amènera, comme il y a cent ans le petit Marcel, à fréquenter les bordels à garçons.

:: Toutes les citations La Culture selon Sarkozy


22 juil. 2009

"Le Tour de France, c'est de la culture" selon Sarkozy et... Frédéric Mitterrand

"Le Tour de France, c'est une vraie fête, un vrai événement populaire, soyez donc du côté des Français. C'est tout au long du Tour qu'on voit et que l'on découvre la France... A ce niveau d'exploit, c'est plus que du sport. C'est de la culture. Tous ces coureurs cyclistes sont des modèles de courage et de détermination." Tels sont les mots qu'aurait dit le président de la République le 1er juillet lors du Conseil des ministres rapportés par le Canard enchaîné du 22 juillet 2009.

Une vision entièrement partagée par son nouveau ministre de la Culture, Frédéric Mitterrand qui, en élève appliqué, a tenu des propos similaires le 18 juillet, à Colmar, pour le départ du Tour de France : "Pour les téléspectateurs, c'est une occasion de découvrir les beautés de la France. Les coureurs traversent des villages très beaux. C'est un grand événement de culture et de communication. C'est la manifestation la plus partagée, en France, suivie et copiée par d'autres pays... Elle fait partie de nos racines. Les coureurs, je les trouve tous admirables à cause de la discipline qu'ils s'infligent et de la dureté de ce qu'ils vivent". A quand une ode à la terre qui ne ment pas ?...

:: D'autres citations CULTURE par Nicolas Sarkozy : cliquez ici

21 févr. 2009

Jack Lang pousse un cri

Dans le Nouvel Observateur, le député du Pas-de-Calais s'en prend à la politique culturelle de Nicolas Sarkozy lui reprochant un manque de souffle. Parlant de paupérisation et d'assassinat de l'Education nationale, il dénonce la fermeture, en France, d'un centre culturel par mois " ou presque" et la dégringolade d'année en année du budget Patrimoine. Ecornant au passsage la figure tutélaire de Malraux, il défend ses belles années rue de Valois : doublement du budget de la Culture et augmentation constante malgré les temps d'austérité, multiplication des équipements en Région, Grand Louvre, prix unique du livre qualifié de "première loi d'écologie culturelle" (sic), défense des musiques jeunes... Avec ou sans col Mao, il en appelle à une " nouvelle révolution culturelle" et cite la formule limpide de Jean Vilar : " Il en est de la culture comme de l'électricité et du gaz, c'est un service public". Du grand Jack ! Lire l'interview...

3 févr. 2009

La Culture par Sarkozy, ça fait peur

Hier, l'hyper-président de la République intronisait son nouveau joujou, le Conseil pour la création artistique confié à Marin Karmitz avec comme figurante la ministre de la Culture qui a décidément autant d'amour propre qu'une plante verte. Au passage, parmi les onze personnalités qui composent cet ersatz de ministère, on trouve Laurent Le Bon, directeur du Centre Pompidou-Metz mais aussi co-commissaire de la récente exposition Jeff Koons Versailles.
A lire le le récit édifiant, pris sur le vif, sur le blog de Pierre Assouline, journaliste et écrivain, témoin perplexe de la scène. Ca fait peur : lire ici...

16 janv. 2009

Aillagon réservé sur la gratuité pour les jeunes

Le château de Versailles fait figure de bon élève en proposant de devancer l'application de la gratuité accordée aux 18-25 ans par Nicolas Sarkozy au 1er avril (ça promet des blagues) et non au 4.
Jean-Jacques Aillagon, son président, tout en se réjouissant de la décision de Nicolas Sarkozy , se montre plus que réservé sur l'efficacité de la mesure : "Au delà de « l’effet d’aubaine » que cette mesure provoquera, on ne peut que souhaiter qu’elle détermine réellement cette classe d’âge à visiter plus assidûment les musées. Je veux bien le croire. Je n'en suis cependant pas totalement convaincu parce que je sais combien la curiosité culturelle est avant tout affaire de désir" écrit-il sur son blog. Et là, question désir, le président de la République n'a effectivement rien prévu.